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Crise malienne: La solution ne viendra pas d’un gouvernement d’union nationale

Crise malienne: La solution ne viendra pas d’un gouvernement d’union nationale

La main tendue du Président de la République à l’opposition est vue comme étant l’ultime chance d’éviter le point de non retour et ce, avec la bénédiction de la communauté internationale. Nombreux sont ceux qui pensent que la solution viendra de la formation d’un gouvernement d’union nationale, qui a vraie dire n’est qu’un énième partage du « gâteau »  des privilèges de la nation au détriment des vraies causes de la déliquescence de l’Etat malien depuis au moins 1991. La solution ne viendra pas du sommet ou d’une quelconque élite, elle viendra de la réalisation des aspirations primordiales du peuple par le biais d’un système de gouvernance plus proche du citoyen et non une démocratie élitiste qui écrase la plèbe comme « un éléphant dans un magasin de porcelaine », une expression très chère à l’éminent juriste français Charles Debbasch.  

« Toute civilisation est appelée à disparaitre dans les méandres de l’histoire » disait Cheick Anta Diop lors de sa conférence mémorable de 1984 au Caire. C’est une autre manière de dire que les Nations ou tout autres groupements humains ne resterons point éternels. A l’image d’autres grands empires nés sous d’autres cieux, le Mali a connu son époque de gloire en termes d’empires ou royaumes qui ont marqués l’histoire d’un sceau indélébile. Les trois grands empires qui ont traversés l’histoire de notre pays, à savoir celui de Wagadou (IIIe siècle), Songhai (XIVe siècle) et celui du Mali (XVe siècle) ont tous ou presque eu un apogée d’à peine 1 siècle (pendant que d’autres de référence tels que celui de Rome a eu 5 siècles de suprématie et presque 7 siècles pour son dauphin l’empire byzantin). Comme le disait l’historien le Pr. Bwemba Bong : « L’Afrique souffre de crises perpétuelles depuis sont contacte avec les esclavagistes blancs du XVe siècle », le Mali ne semble pas faire exception de ce « destin fatal d’engrenage des crises latentes ». La crise multi-dimensionnelle qui accable notre pays depuis 2012 atteste cette vision des choses. Malgré le concours de la communauté internationale, la situation semble s’empirée de jours en jours. Les divisions socio-politiques internes sont de plus en plus prononcées. La main tendu du Président de la République à l’opposition est vue comme étant l’ultime chance d’éviter le point de non retour et ce, avec la bénédiction de la communauté internationale. Nombreux sont ceux qui pensent que la solution viendra de la formation d’un gouvernement d’union nationale, qui a vraie dire n’est qu’un énième partage du « gâteau »  des privilèges de la nation au détriment des vraies causes de la déliquescence de l’Etat malien depuis au moins 1991. La solution ne viendra pas du sommet ou d’une quelconque élite, elle viendra de la réalisation des aspirations primordiales du peuple par le biais d’un système de gouvernance plus proche du citoyen et non une démocratie élitiste qui écrase la plèbe comme « un éléphant dans un magasin de porcelaine », une expression très chère à l’éminent juriste français Charles Debbasch.

Crise multi-seculaire:

En l’espace d’un peu plus de 8 siècles le Mali hébergea trois grands empires, dont le plus petit faisait pratiquement 2 millions de kilomètres 2, qui se sont tous chevauchés en terme d’apogée et de déclin. Trois grandes emprises territoriales qui ont tous pêchés par leurs insuffisances à entreprendre des reformes socio-politiques révolutionnaires interne, des querelles intestines de pouvoir et surtout un manque crucial de doctrine de sécurité nationale visant à protéger l’empire dans ses frontières. Le même triptyque de problématique (manque de reformes socio-economico-politiques; luttes de pouvoir interne; défaillance de politiques sécuritaires) refait surface à intervalle régulière de chaque vingtaine d’année.

Le socle de tout Etat étant la survivance du « contrat social » qui maintient aussi sa légitimité. L’Etat malien a non seulement du mal à maintenir ce primordial contrat social, mais ne parvient pas aussi à prouver sa raison d’exister à savoir la satisfaction de l’intérêt du plus grand nombre des citoyens. Dr Francis Fukuyama disait: « que le but ultime de tout Etat est le développement humain, en l’absence de ce but, l’Etat n’a point de raison d’exister ». La crise malienne actuelle est celle de l’ensemble d’une grande région (l’ensemble des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest) de plus 6 millions de kilomètres 2, avec une population de plus de 600 millions d’habitants sans oublier un potentiel inestimable en terme de ressources naturelles, de terres arables, zones hydriques… Ces potentiels ont du mal à être exploiter et en faire bénéficier aux populations concernées. La déferlante esclavagiste du 15e siècle et la vague de colonisation de 19e siècle ont été des barrières entre la transition des héritages (en termes de système économique et de gouvernance) de nos grands empires aux Etats actuels.

Une démocratie du sommet:

Le mouvement démocratique du 26 Mars 1991 avait pour motivation profonde l’instauration d’une démocratie participative. Il a été couronné par une participation massive de toutes les strates de la société malienne. La nouvelle constitution instaurée en 1992 s’est inspirée de celle de la France de la 5e république du 04 octobre 1958. Une constitution dont les deux principaux initiateurs étaient Michel Debré et le General Charles De Gaulle. Le premier était inspiré par le modèle britannique d’un premier ministre fort et le second par un chef d’Etat puissant détenant à lui seul les réalités du pouvoir. Cet état d’esprit a un corollaire historique du fait que la France faisait face à une instabilité institutionnelle chronique tout au courant du 18e siècle. Elle a avait besoin d’un homme fort et héros de guerre en la personne du général De Gaulle pour rafistolé une France meurtrie par les nazis durant la deuxième guerre mondiale.

Quant au Mali, la grogne générale de Mars 1991 protestait contre un président jugé autoritaire et trop fort. La logique socio-politique voudrait qu’un système de gouvernance plus populaire soit établit et non un régime présidentiel qui constitutionnalise un chef d’état trop fort et pratiquement intouchable durant sont mandat. L’aspiration légitime du peuple malien a été prise en otage par une minorité d’élite qui rétablit une nouvelle forme de l’ancien système désavoué.

La résolution efficace de la crise malienne passera forcement par une réflexion profonde et participative sur le modèle de gouvernement adapté à une société en manque de repère.

 Daouda Kinda, Bamako, MARS 2019

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