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Gestion d’intrants agricoles : Plus 38 milliards de F CFA en trois ans

Gestion d’intrants agricoles : Plus 38 milliards de F CFA en trois ans

Le Bureau du Vérificateur général a initié une vérification de performance en 2019 sur la Gestion de la subvention d’intrants « coton » avec pour objectif de s’assurer des conditions d’une utilisation efficace et efficiente des ressources publiques qui y sont allouées. Il ressort de cette vérification que la filière coton, à elle seule, a reçu de la part du Gouvernement au titre de la subvention d’intrants un montant total de 38 035 809 455 FCFA réparti comme suit : 18 535 809 455 FCFA en 2015/2016 ; 7 500 000 000 FCFA en 2016/2017 et 12 000 000000 FCFA en 2017/2018.

La subvention des intrants agricoles relève de la volonté de l’État de faire de l’agriculture le moteur de l’économie malienne. Elle vise à faciliter l’accès des producteurs aux intrants et se justifie par la baisse de la productivité et de la production liée en partie au bas niveau de fertilité des sols, et à la faible utilisation des engrais et des semences de qualité. Dans le cadre de la mise en œuvre d’un programme d’intensification agricole, le Gouvernement du Mali a décidé de subventionner depuis la campagne 2009/2010, des intrants agricoles, notamment l’urée, le complexe coton, la complexe céréale. Ce programme a ainsi facilité l’accès des producteurs aux intrants agricoles. La filière coton, à elle seule, a reçu de la part de notre Gouvernement au titre de la subvention d’intrants un montant total de 38 035 809 455 FCFA réparti comme suit : 18 535 809 455 FCFA en 2015/2016 ; 7 500 000 000 FCFA en 2016/2017 ; 12 000 000000 FCFA en 2017/2018.

Historique de subvention d’intrants

Selon ce rapport du Bureau du Vérificateur général, l’Agriculture est un vecteur incontournable de développement économique et social surtout en Afrique où le secteur industriel n’a pas connu un grand essor. Elle reste le principal espoir pour la relance économique et la réalisation des Objectifs de Développement Durable, notamment l’ODD2 intitulé : « Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ». L’atteinte de cet objectif passe par la modernisation de l’agriculture à travers la mécanisation et l’accès des producteurs aux intrants agricoles. Aussi, dans le cadre de la révolution pour une Afrique verte, les États Africains ont pris des engagements forts en faveur de l’Agriculture, matérialisés par l’Accord d’Abuja de 2006 qui comporte dix mesures pour booster l’agriculture. Parmi ces mesures, il y en a trois qui sont orientées spécifiquement sur l’accès des producteurs aux engrais à savoir : harmoniser les politiques et les législations pour la circulation des engrais exonérés d’impôts dans toutes les régions ; développer et étendre les réseaux de distribution pour améliorer l’accès des agriculteurs aux engrais ; accorder des subventions avec une attention spéciale aux couches les plus démunies. L’un des objectifs poursuivis par cet accord fut d’augmenter le niveau d’utilisation des engrais à hauteur de 50kg/ha au moins à l’horizon 2015 contre 9 kg/ha en 2006.

Ainsi, l’accord d’Abuja a été suivi par celui de Malabo de 2015 dans le cadre duquel les États africains ont pris l’engagement d’allouer 10% de leur budget national à l’agriculture. Dans cette perspective, le Gouvernement du Mali a adopté la Loi d’Orientation Agricole (LOA) et la Politique de Développement Agricole (PDA) afin de trouver des solutions durables aux préoccupations des producteurs agricoles à travers, notamment l’amélioration du cadre juridique et institutionnel des exploitations agricoles, la mécanisation de l’agriculture et la subvention des intrants agricoles. Ainsi, le programme des subventions d’intrants agricoles en cours a commencé depuis la campagne 2008/2009 à travers l’initiative Riz avant de s’étendre à d’autres filières dont le coton. Toujours selon ledit rapport, l’approvisionnement en intrants agricoles passe par l’implication du secteur privé, notamment les importateurs, producteurs et distributeurs d’intrants qui se chargent de la mise en marché des quantités nécessaires à la satisfaction des besoins des producteurs agricoles pour chaque campagne. Il nous dira que la gestion de la subvention d’intrants est confiée au Groupement d’Intérêt Economique (GIE), constitué par la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN) et l’Union Nationale des Sociétés Coopératives de Producteurs de Coton (UN-SCPC), en Approvisionnement en Intrant et Appareils de traitement, pour le système coton, à l’Office du Niger, et à la DNA pour le reste des zones agricoles. Elle est repartie entre le système coton confié au GIE en Approvisionnement en Intrants Agricoles et Appareils de traitement, le système office, confié à l’Office du Niger et les zones couvertes par la DNA, constituent le troisième système de gestion des intrants subventionnés.

Ainsi, la production du coton a augmenté de 375% de la campagne Agricole 2008/2009 à la campagne Agricole 2017/2018 qui atteint 728 644 tonnes. Cette augmentation de la production est due notamment à l’augmentation de la superficie cultivée qui est passée de 196 711 ha à 703 652 ha pour les mêmes périodes soit 358%. Il faut signaler que la subvention d’intrants coton contribue non seulement à l’accroissement de la productivité mais aussi à la motivation des agriculteurs à s’engager davantage dans la culture du coton. Le système coton qui ne couvre que 11,4% de la superficie céréalière totale cultivée et pour 24,4% des producteurs, bénéficie de plus de 60% des engrais subventionnés.

De 2015 à 2018, le montant total payé par l’Etat au titre de la subvention d’intrants coton est de 38 035 809 455 FCFA. Compte tenu de l’importance du coton pour le développement socio-économique notamment l’amélioration des conditions de vie et le renforcement de la sécurité alimentaire en prenant en compte la production céréalière dans le « système coton », une évaluation périodique de la performance des appuis financiers et techniques de l’Etat s’avère nécessaire pour s’assurer de l’atteinte des objectifs recherchés.

En effet, pour rendre clair l’usage des intrants, le BVG a fait des recommandations adressées aux parties prenantes pour assainir davantage ce secteur et aussi éviter la malversation financière.

B. KONE

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