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PDG de l’ATI Dr. Lamissa Diakité : La mise en œuvre de l’ATI est une volonté politique du président IBK en vue d’assurer une sécurité alimentaire durable, de créer de l’emploi et de réduire la pauvreté

PDG de l’ATI Dr. Lamissa Diakité : La mise en œuvre de l’ATI est une volonté politique du président IBK en vue d’assurer une sécurité alimentaire durable, de créer de l’emploi et de réduire la pauvreté

A travers la vision du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, le gouvernement a mis en place en 2015, l’Agence d’Aménagement des Terres et de fourniture de l’eau d’Irrigation (ATI) en vue d’accélérer le rythme des aménagements hydro-agricole; de mettre en place des pôles de croissance Agricole (agropoles); d’appuyer l’installation de jeunes (hommes et femmes) dans l’Agriculture, par exemple à travers le programme de création de Nouveaux Villages Agricoles (NVA). Le Président directeur général de cette agence qui vient à point nommé pour assurer la sécurité alimentaire, Dr. Lamissa Diakité nous a accordé une interview au cours de laquelle il nous décortique l’objectif, la vision, les difficultés rencontrées et aussi les belles perspectives de sa structure. Lisez-le-plutôt !

Journal le Fondement : Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?

Président directeur général de l’ATI : Je suis Dr. Lamissa Diakité, PDG de l’ATI. Je tiens la présidence de l’agence depuis mai 2017. Donc cela me fait deux ans de présence durant lesquels nous avons obtenu des résultats salutaires.

JLF : Qu’est ce que l’ATI ?

PDG LD : L’ATI est un service nouvellement créé par le Ministère de l’Agriculture via la bonne volonté politique de son excellence Ibrahim Boubacar Keita, Président de la République qui consiste à offrir beaucoup plus d’opportunités de travail aux populations rurales en vue d’assurer une sécurité alimentaire durable, de réduire la pauvreté. Vous savez, au Mali et en Afrique d’une manière générale on juge le milieu rural comme étant le centre de la pauvreté. Donc l’objectif visé, c’est de réduire la pauvreté. Pour y arriver, il faut trouver des moyens pour pouvoir aménager suffisamment d’espaces. Suffisamment d’espaces avec plus de 2 200 000 hectares potentiels de terres irrigables, le Mali ne dépasse pas présentement 150 000 hectares. Ce  qui veut dire que la potentialité reste encore très importante. Le gouvernement a bien voulu mettre l’accent sur la maîtrise de l’eau. D’où la nécessité de mettre un outil de gestion de cette politique de maitrise de l’eau. Nous avons la Direction nationale de génie rurale qui existe depuis le temps colonial, ils font ce qu’ils peuvent. Maintenant le gouvernement a bien voulu avoir un outil de proximité qui dispose d’une potentialité en termes d’autonomie financière et d’autonomie de gestion pour le permettre d’assurer pleinement ses fonctions. D’où la nécessité de faire de l’ATI est un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC) avec une vision d’assurer la sécurité alimentaire et de réduire la pauvreté.

JLF : Quelle politique adopte l’ATI pour parvenir à des résultats ?

PDG LD : En termes de résultats, vous savez l’État fait ce qu’il peut, pour le fonctionnement de l’agence. Il ne dispose pas suffisamment de ressources pour faire face mais cela n’est pas une excuse pour croiser les bras ; nous travaillons afin de trouver des ressources financières et à faire fonctionner l’agence. Par ailleurs, en ce qui concerne les activités de terrain, il faut au moins 5 millions de F CFA /hectare pour l’aménagement. Donc s’il faut aménager des milliers d’hectares, vous voyez de quoi  il en est, c’est des milliards de nos francs qu’il faut avoir pour arriver à cela. C’est là, où en plus du fonctionnement assuré par l’État, nous nous tournons vers la recherche des partenaires qui nous a conduit au niveau de la Banque mondiale. Laquelle nous finance présentement à hauteur de 54 milliards de F CFA avec lequel nous travaillons à travers deux opérations. La première opération, est un projet régional dénommé Projet d’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS). Il a été mis en œuvre par six pays dont, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Mauritanie sous la coordination du CILSS (Le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel). En plus de cela, nous avons la seconde opération, il s’agit du Projet de Développement de la compétitivité et de la Diversification Agricoles dans les Zones Arides et Semi-arides du Mali (PDAZAM) avec comme objectif d’améliorer la productivité agricole et renforcer la résilience des ménages ruraux bénéficiaires dans les zones arides et semi-arides ciblées….Puisque la pluviométrie est moindre en temps important, nous nous disons qu’il faut intervenir sur les zones arides. Vous savez le taux de dépeuplement des zones rurales est très important aujourd’hui. La population cherche à partir à cause des conditions de vie très difficiles. Donc ce qu’il faut faire, c’est de créer des conditions acceptables afin de les retenir, et également assurer la sécurité alimentaire de ces populations. Dans ce cadre, nous avons des aménagements d’hydro-agricoles qu’on a prévu dans les régions de Kayes, de Koulikoro, de Ségou, de Mopti à travers un certain nombre de cercles dans lesquels nous allons intervenir. Nous avons au total 12 cercles, nous allons choisir quelques communes au niveau de ces cercles pour mener des actions. Alors, nous préférons aller vers les zones les plus fragiles comme Ténénkou, Youarou, c’est là où nous aurons les cibles vraiment appropriés.

JLF : Qu’est ce que le PDAIC-ZON ?

PDG LD : C’est une de nos initiatives qui est en développement présentement avec la Banque mondiale qu’on appelle le Projet de Développement de l’Agriculture Irriguée Commerciale en Zone Office du Niger (PDAIC-ZON). Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il faut changer la façon de faire. C’est à dire au lieu d’aller à l’agriculture substance, il faudra se tourner vers l’agriculture irriguée vers les marchés. Donc produire suffisamment, aller vers les marchés nationaux, sous régionaux et voire des grands marchés des produits agricoles. Ce projet est en phase de développement au niveau de l’Office du Niger avec comme plan plus de 6000 hectares.

JLF : Peut-on savoir un peu sur les NVA ?

PDG LD : Le programme des Nouveaux villages agricoles (NVA) est un concept du président IBK. Il contribue à faire la promotion de l’emploi des jeunes en aménageant les espaces adaptés sur lesquels on installe les jeunes professionnels qui aiment travailler la terre, suivis par des professionnels et des personnes expérimentées. Ces derniers vont servir de moteurs aux jeunes installés et on met en place des logements adéquats à l’image des logements sociaux bien équipés en termes d’infrastructures. Donc tout est mis en œuvre pour permettre aux jeunes de rester sur place. Ainsi, le programme prévoit la création d’au moins 20 Nouveaux Villages Agricoles dans les zones à fort potentiel aménageable du pays notamment les zones : deltaïque de l’Office du Niger,  du Moyen Bani, de Sélingué liée au Sankarani, du Faguibine, de Taoussa,  de Manantali, du lac Térékolé-Magui, lacustres et oasiennes du Nord. Il s’agit d’un programme Présidentiel enregistré dans le répertoire des projets/programmes prioritaires du Gouvernement. Pour le moment, nous avons trois initiatives qui sont bien pensées dont à Bewani, Sélingué et Manantali

JLF : Après la Banque mondiale vous avez d’autres partenaires ?

PDG LD : Au-delà de la Banque, nous avons l’appui de la Coopération espagnole qui nous appuie toujours dans le domaine de l’irrigation. Nous nous préparons pour faire des requêtes au niveau de la Banque africaine de développement (BAD) et au niveau de la Banque islamique de développement (BID) qui constituent pour nous des opportunités. Il faudrait travailler sur des initiatives et avoir des notes conceptuelles de projets en vue de faire des requêtes adaptées aux différents contextes de chaque bailleur.

JLF : L’agence est-elle représentée dans les zones ciblées ?

PDG LD : Partout où nous intervenons, nous avons, ce qu’on appelle des structures partenaires, des agences d’exécution. Par exemple, tout ce que nous avons à faire au niveau des régions, nous le faisons à travers la Direction du génie rurale, et c’est pareil pour la Direction nationale d’agriculture. Nous travaillons en rapport avec d’autres services techniques sur place .Indépendamment, nous avons les ONG avec lesquelles nous travaillons et aussi la société civile, ce qui signifie que tout le monde est impliqué dans tout ce que nous faisons. En perspectives, nous allons mettre en place des antennes dans chacune des régions. Puisque nous sommes un EPIC, nous sommes plutôt orientés vers la génération de revenus. Nous sommes intéressés par tout ce qui peut contribuer à l’atteinte de cet objectif. Des antennes seront mises en place pour nous faciliter la mise en œuvre de nos actions au niveau des régions ciblées.

JLF : Quelles sont les difficultés rencontrées par l’Agence ?

PDG LD : Les difficultés sont nombreuses. On peut citer quelques unes. Si les autres structures deviennent des Services publics industriels et commerciaux (SPIC), l’ATI a été créée comme étant un EPIC. Donc le premier obstacle est qu’il est difficile de la faire fonctionner en plein temps comme un EPIC. Parce que l’agence est obligée de fonctionner dans un premier temps comme une sorte d’EPA avec les subventions de l’État sans lesquelles ce ne sera pas facile. Nous bénéficions des subventions de l’État parce qu’il faudrait assoir d’abord ce qu’on appelle une base de revenus, de sources de revenus. Donc, le véritable problème est celui du financement parce que nous n’arrivons pas à fonctionner comme étant un EPIC et aussi le problème des ressources humaines. Pour le moment l’agence dispose de fonctionnaires présents, avec qui un accord fut établi avec un budget mais nous n’avons pas encore des ressources pour mettre en place cet accord. Donc c’est ce qui fait qu’il est difficile d’avoir des ressources humaines qualifiées. Parce que les ressources humaines qualifiées sont ailleurs, elles sont déjà sur les actions et dans les positions, pour les faire déplacer il faudrait les proposer des conditions plus intéressantes que celles dans lesquelles elles sont. Et dans le cas contraire, nous continuerons avec le système des fonctionnaires. Tout ce que j’ai pour le moment au compte de l’agence ce sont des fonctionnaires. Mais avec les deux opérations avec la Banque mondiale nous avons recruté des personnels qualifiés, mis en place des équipes séparées qui travaillent sur ce projet. Ils travaillent pour l’agence mais ils ne sont pas des personnels recrutés pour l’agence. Ils sont recrutés par compétition pour travailler sur ces activités susmentionnées. L’agence reste pérenne mais les projets, nous le savons vont et viennent.

JLF : Quel appel avez-vous à l’endroit des usagers et partenaires?

PDG LD : Nous demandons la cohésion entre le peuple malien. Parce que partout où il y a la cohésion, il y a la compréhension et les activités parviennent à avancer. J’appelle les uns et les autres à être plus patients, soudés, beaucoup plus cohérents et de travailler car au final, nous obtiendrons des résultats très appréciables. L’un des critères de l’ATI pour son choix de zone est la cohésion du village, de la commune.

Propos recueillis par B. KONE

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