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Rapprochement diplomatique avec Israël: La diplomatie malienne en perte de vision stratégique

Rapprochement diplomatique avec Israël: La diplomatie malienne en perte de vision stratégique

Le 29 novembre 1980, feu Me Alioune Blondin Bèye, ministre des affaires étrangères maliennes de l’époque, déclara la reconnaissance de l’OLP (Organisation pour la Libération de la Palestine) et de son ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire Mr Ahbou Rabba. Les régimes successifs ont été fidèles à cette ligne politique et ont tâché de l’exprimer lors des votes de sanctions prises contre Israël au sein de l’ONU et d’autres institutions internationales comme l’UNESCO. Cette partie pris politique s’explique par le fait que le sort de la Palestine se trouve être au centre de la lutte des pays de la ligue arabe (la religion musulmane étant le dénominateur commun ) et d’autres Nations à travers le monde qui on eut a subir un passé colonial douloureux. La lutte anti-colonialiste a été l’une des valeurs sacro-saintes des politiques étrangères adoptées par les pays anciens colonies de l’Afrique dont le Mali. Toute porte à croire que la diplomatie malienne est en perte de visions stratégiques avec cette initiative incongrue de pédalage en arrière.

Les récentes nouvelles faisant état d’une possible visite officielle de nos plus hautes autorités sur les terres Israéliennes visant a réchauffé les relations diplomatiques entre les deux pays (qui ont  été refroidies suite à la guerre arabo-juive de 1973) pourrait faire couler beaucoup d’encre et de salive que ça soit au Mali ou à l’international. On serait tenté de se demander si un tel revirement d’une ligne de politique étrangère vieille des dizaines d’années ne répondrait pas à une vision savamment  orchestrée de la part du gouvernement malien? Cette main tendue vers un pays comme Israël (qui n’a pas bonne réputation internationale) en vaut-elle la peine? Le Mali a-t-il les moyens en termes de ressources diplomatiques pour revenir à une politique étrangère de « neutralité positive » initiée par le régime de feu Président Modibo Keita répondant à un environnement de guerre froide sur la scène internationale? La Nation malienne en tant que telle a-t-elle quelque chose a tiré de cet « rabibochage » diplomatique programmé? Au vue du développement de la politique Israélienne dans la région du Moyen-Orient et sur l’échiquier international, cette initiative du gouvernement malien (si elle venait à se matérialiser) risquerait d’écorcher l’image d’un pays en crise et de susciter certaines interrogations de certains pays amis du Golfe arabique. Certes, pays en avance sur le plan technologique, Israël est loin d’être un eldorado économique dans le monde dont un état pauvre en crise pourrait lier amitié avec  contre vents et marrées. Selon un classement  du magazine économique  « CEOWORLD MAGAZINE » Israël se classe en 32e position dernière l’Afrique du Sud et le Nigeria en termes de richesse nationale.

En ce qui concerne l’évolution de la politique étrangère du Mali vis-à-vis de l’Etat hébreu elle a fait l’objet d’une normalisation hésitante dans les années 1960, avec la signature de 3 accords qui ont d’ailleurs abouti à pas grands choses, pour initier dans les années 1980 une situation de rupture avec le soutient affiché pour la cause palestinienne. Le 29 novembre 1980, feu Me Alioune Blondin Bèye, ministre des affaires étrangères maliennes de l’époque, déclara la reconnaissance de l’OLP (Organisation pour la Libération de la Palestine) et de son ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire Ahbou Rabba. Les régimes successifs ont été fidèles à cette ligne politique et ont tâché de l’exprimer lors des votes de sanctions prises contre Israël au sein de l’ONU et d’autres institutions internationales comme l’UNESCO.

Cette partie pris politique s’explique par le fait que le sort de la Palestine se trouve être au centre de lutte des pays de la ligue arabe (la religion musulmane étant le dénominateur commun ) et d’autres Nations à travers le monde qui on eut à subir un passé colonial douloureux. La lutte anti-colonialiste a été l’une des valeurs sacro-saintes des politiques étrangères adoptées par les pays anciens colonies de l’Afrique dont le Mali. Toute porte à croire que la diplomatie malienne est en perte de visions stratégiques avec cette initiative incongrue de pédalage en arrière.

Ce jeu diplomatique profite plus à Israël qu’au Mali

Depuis deux ans Israël mène une offensive diplomatique tous azimuts sur le continent africain. En faisant miroiter des opportunités en termes d’investissements dans des secteurs comme la sécurité, l’agro-industrie et des communications et beaucoup de pays africains semblent sautés sur l’occasion. L’état hébreu fort de cet engouement, initia un sommet Israël-Afrique qui fut un échec par ailleurs au vue de la participation à minima des pays invités. Ces trémoussements diplomatiques cachent mal l’isolation de l’Israël sur la scène internationale qui a atteint son pique durant les deux termes du mandat du Président Obama à la Maison Blanche qui ne faisait pas mystère de son attachement au respect des droits de l’homme (Israël est considéré comme un état qui viole le plus les droits de l’homme dans le monde) et aux principes du multilatéralisme international. Selon des constats émis par différentes organisations internationales de défense des droits de l’homme Israël aurait violé plus de 71 résolutions de l’assemblée Générale de l’ONU depuis 2003. Il refuse de signer les 3/4 des traités internationaux notamment celui prohibant la prolifération des armes nucléaires (Israël est le seul pays du moyen orient qui refuse de le signer).

Dirigé par un parti nationaliste le Likoud, le gouvernement Israélien a adopté, courant l’année dernière, une politique anti-migratoire qui vise essentiellement des immigrés africains qui sont pratiquement au nombre de 42 milles dont une large majorité de femmes et d’enfants. Cette situation (avec des cas de violations flagrantes des droits de l’homme) fut décriée par beaucoup d’ONGs internationales. Le Premier Ministre Israélien refusa même d’honorer à un accord singé avec l’ONU sur la gestion du flux migratoire. L’offensive de l’état hébreu ressemble plus à une opération de charme pour apaiser certaines élites africaines afin d’éviter des votes-sanctions au sein des hémicycles internationaux.

Par ailleurs, la situation socio-politique de notre pays (caractérisée par une crispation très nette d’un mouvement religieux plus en plus exigeant) rend complètement inopportune un tel rapprochement diplomatique. Avec plus de 95% de musulmans quelle serait la marge de manœuvre d’un Etat en crise pour justifier un tel revirement diplomatique qui ne passera pas surement inaperçu.

Daouda KINDA

                       Fait à Bamako le 31 janvier 2019

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