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REVISION DE LA CONSTITUTION : Quand l’approche échouée se redessine

REVISION DE LA CONSTITUTION : Quand l’approche échouée se redessine

C’est en début 2018, sous la commande du président de la république, son excellence Ibrahim Boubacar Keita, que la révision de la constitution avait été voulue. Mission confiée aux (experts) maliens, ils avaient été chargés de peaufiner un nouveau texte fondamental pour le Mali. Malheureusement, l’initiative qui s’est heurtée au refus systématique des maliens, revient avec l’ancienne méthode échouée. A quoi doit-on s’attendre, sachant que les mêmes causes produisent les mêmes effets ?

Sur le sujet crucial de révision de la constitution du 25 Février 1992, les experts maliens après quelques mois de travaux intenses, ont vu des  citoyens farouchement opposés à l’initiative du président de la république. Mieux, dans un contexte flou et mouvementé, l’exubérante consultation de l’avocat français Marcel Ceccaldi,  n’est parvenu à faire intéresser un peuple à une révision jugée « bâclée » dans des conditions « scabreuses ». Puisqu’il se tenait à un des moments les plus mouvementés de la fin du premier quinquennat d’IBK et juste à l’approche du 1er tour de la présidentielle le 27 Juillet 2018.

Après des mois et moult tracasseries, la question retombe des travers de Koulouba.

Et si la plateforme « An Tè A Banna » est venue à bout des ambitions d’IBK qui renonça à son projet, ce regroupement au sein duquel se réunissaient société civile, partis politiques et leaders d’opinions, a été au cœur des démarches qui ont abouti à faire échec au projet de reforme de la constitution malienne. Et par la même, la plateforme « AN TE A BANNA » a servi de levier pour rapprocher l’opposition du peuple. Avec un nouvel essai enclenché par le PM SBM, la dynamique risque de se répéter pour encore une fois de plus, barrer route aux ambitions démesurées d’un président mal aimé. Or, le président de la république, commandeur de ce projet, en justifie la nécessité, par les besoins de conformité, de modernité et d’harmonisation des institutions, entre autres. Cela, pour être en phase avec  les ossatures évolutives de imposées par  la gestion de la république. Cette nécessité qui ne justifie pourtant pas tous les argumentaires avancés pour la révision de la constitution, était loin de convaincre un peuple, à l’époque, adhésif à la position de l’opposition.

Les temps ont passé certes, la surprise est qu’encore une fois, les suppositions (occultes) nourries par l’approche non inclusive adoptée par le gouvernement précédant et qui explique quelque part l’échec  sur la question,  sont en train de se traduire à nouveau. Sous la gouverne du premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, revoilà un comité d’« experts » qui sort des couloirs de la primature. Ce comité, dit-on, sera chargé de  réfléchir sur une initiative loin de l’unanimité. Alors que la question a besoin de consultations non « bâclée » ou« supposée » et plus inclusives. Toutes choses qui sont déjà décriées par des partis de l’opposition regroupant le FSD, le COFOP, les FARE de Modibo Sidibé. C’est de là que tout doit partir afin d’espérer une bonne approche différente et sincère de la précédente tentative échouée, il y a de cela 1 an.

Incompréhensible, mais pourtant vrai. Après une  première tentative échouée, revoilà  le même scénario « exclusif » qui s’invite sur la table des (experts). Car désignés unilatéralement par le premier ministre. A qui, le tout et pour tout, la moindre analyse ou suggestion sera soumise.

C’est du moins, ce qui est soupçonné après un premier pas engagé par le PM. Il est souhaité et attendu une véritable approche inclusive pour toucher à la constitution et c’est ce qu’il faut. Car, vivement  décriée, toute démarche unilatérale risquerait de causer un nouvel obstacle.

Ce qui porte à croire qu’il n’est pas à exclure une autre diabolisation qui a fait certes, échec en 2018. Et malheureusement, ne tirant pas des enseignements de cette maladresse, les décideurs politiques à la du régime reviennent à la case départ, avec les mêmes bottes et la posture identique qu’en 2018, pour tenter un marathon de consultations non des « hommes » mais des « dossiers ». Par des experts unilatéralement commis pour réfléchir sur une question toute nationale.

Quand les dirigeants ne tirent pas « leçon » des expériences vécues !

Il faut le dire clairement, s’il y a un jeu favori qui a pourtant fait obstacle à bon nombre d’initiatives de ce régime, c’est le mystère entretenu autour de ses choix et l’indifférence totale face à des procédures indispensables. Cela, au moment où le régime a en face de lui,  une opposition qui ne fait pas cadeau d’un semblable d’atome de démarches inappropriées ou occultes. Un seul mauvais pas pourrait suffire à celle-ci pour déclencher un soulèvement populaire irrésistible.  Cela est encore plus propice quand on a à faire avec une gouvernance qui n’entretient pas la confiance avec les gouvernés.

Un projet de révision de la constitution piloté par un PM loin de faire l’unanimité !

Avec la révision de la constitution, on parle là de la retouche du texte fondamental régissant la république et ses institutions. Il faudrait que le président de la république, première institution de la république, soit au devant la scène puis qu’il est le garant de ce texte. Il se doit d’être en premier ressort, le plus impliqué. Cela resterait du moins, le mieux indiqué dans la mesure où le premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, chargé par le président de la république, comme son prédécesseur, de faire valoir l’ambition du président IBK, aura en toute évidence,  la quintessence des consultations et des directives devant conduire le processus certes, avec la vigilance du président de la république. Mais il y aura certainement, doute et réserves sur la légitimité de la primature à conduire un projet aussi important d’envergure national.

Échouée en 2018, l’initiative revient avec les mêmes apparences en 2019 !

L’une des causes qui ont pesé lourd à faire échec à la révision constitutionnelle en 2018 reste tout le doute de possibilité qui se glisserait dans la proposition de révision. Ce doute serait encore plus accentué et motivé par le contexte et les réalités ivoiriennes. Dans la mesure où, actuellement en Côte d’Ivoire où le président Alassane Dramane Ouattara laisse planer des doutes sur un éventuel 3ème  mandat qu’il pourrait briguer depuis que la constitution ivoirienne a nouvellement été révisée, donc légitime. A cet égard, si le président ivoirien venait à se faire valoir une nouvelle candidature pour un 3ème mandat, le scénario ou la donne de ce pays pourrait servir d’indicateur aux intentions ici au Mali.

En tous cas, la nouvelle approche de révision constitutionnelle devrait en être une riche leçon.

Pour susciter l’intérêt des maliens vis-à-vis de ce projet, il conviendrait de proposer aux au peuple, l’introduction dans la nouvelle constitution, l’adoption des mesures contre des phénomènes comme l’homosexualité, un sujet d’actualité qui dévient de plus  en plus  cause  de criminalité avec des proportions inquiétantes.

Mamoutou Tangara

 

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