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Sotuba : Mme Niamakolo Coulibaly pourra-t-elle démolir plus de 300 maisons ?

Sotuba : Mme Niamakolo Coulibaly pourra-t-elle démolir plus de 300 maisons ?

Au Mali le problème foncier est l’une des préoccupations des autorités compétentes, mais  d’aucuns estiment que ces dernières en sont la cause. C’est un secteur que le spéculateur foncier en fait leur business pour gagner de l’argent facile. Aujourd’hui nous vous narrons un cas plus délicat. A Sotuba plus de 300 maisons sont sous la menace d’une destruction. C’est une certaine, Mme Niamakolo Coulibaly qui a envoyé, le mardi 9 avril 2019, une centaine d’agent des forces de l’ordre pour dégager les affaires de ces habitants et procéder à la démolition. 

Cette dame qui se dit être le propriétaire héritier d’environs une dizaine d’hectares à Sotuba veut démolir les maisons battis il y a une décennie pour ses fins. Sans doute, si les autorités ne réagissent à temps cette situation est une véritable bombe à retardement. Car cette dame veut démolir des constructions à valeur des milliards de Franc CFA. Selon certaines sources d’informations, la dame Niamakoro Coulibaly ne semblerait pas jouir de ses facultés et elle serait en complice avec certains juges corrompus au niveau de la Cour suprême dont son président Nouhoum Tapily fait l’objet de critique. Ce dernier a été indiqué comme le fonctionnaire plus corrompu au Mali.

Rappelons les faits: c’est le 2 avril 2004 que le ministre des Domaines de l’Etat et des affaires foncières de l’époque Boubacar Sidiki Touré a donné son autorisation au président de la délégation spéciale de la mairie de la commune I du district de Bamako de recaser les 300 familles sur une superficie de 16 hectares à prélever du titre foncier 187 à Sotuba. La décision gouvernementale a permis aux 300 bénéficiaires d’habiter les lieux en construisant des maisons, des écoles et un centre de santé communautaire.

15 ans après, la quiétude des familles recasées est troublée par une dame nommée Niamakoro Coulibaly qui réclame un droit coutumier sur la zone qui serait la propriété de son père. Selon les occupants des lieux, à tous les niveaux judiciaires, la dame a été déboutée.  Par contre, expliquent-ils, c’est seulement au niveau de la Cour suprême qu’elle a eu gain de cause. « Nous ne savons pas comment  », s’indignent les occupants. Ils ont décidé de ne pas bouger d’un iota. Ils sont aujourd’hui sur le pied de guerre : « Si l’Etat ne veut pas créer une autre tension sociale qu’il s’occupe de ce dossier car dans chaque famille, il y a au moins 7 personnes, ce qui fait en tout plus de 2000 personnes. Mettre tous ces gens dans la rue au profit d’une seule personne à cause d’une décision de justice contestée revient à dire que nous ne sommes pas dans un Etat de droit. Et si l’Etat ne veut pas s’assumer dans ce dossier nous-mêmes nous allons prendre nos responsabilités. Ce qui veut dire qu’ils vont marcher sur nos cadavres pour nous faire sortir. Les dégâts que pourraient occasionner la démolition de nos maisons s’élèvent à plus de 20 milliards de FCFA sans tenir compte des milliers de sans abris

Aujourd’hui, les 300 familles exigent une intervention rapide du président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta dans le dossier. « Il doit mener ses propres enquêtes afin d’éviter une autre tension sociale provoquée par cet arrêt de la Cour suprême dont seul le président Nouhoum Tapily et ses conseillers connaissent les vraies raisons », selon les occupants.

M.L.KONE (Le Fondement)

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