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Fraudes au concours de la fonction publique : Le chef de cabinet et ses acolytes aux arrêts

Fraudes au concours de la fonction publique : Le chef de cabinet et ses acolytes aux arrêts

Dans un communiqué diffusé sur l’ORTM,  les maliens ont appris, le lundi 05 février 2024, l’annulation du concours de recrutement à la fonction publique, qui s’est déroulé du 25 au 31 décembre 2023. Ils étaient 64 000 candidats pour 1400 postes à pourvoir. Le motif de l’annulation déclaré par le ministre du travail, de la fonction publique et du dialogue social, Dr. Fassoun Coulibaly, est le démantèlement d’un réseau mafieux qui s’est adonné à la fraude. Ces fraudeurs ont pris de l’argent à leurs victimes pour les faire passés au concours.

En effet, selon le communiqué rendu public, le ministère du Travail, de la Fonction Publique et du Dialogue Social, a annoncé l’annulation des épreuves du Concours Direct de Recrutement dans la Fonction Publique de l’État, exercice 2023. Selon la note publiée, cette décision relève de « la découverte d’un vaste réseau de fraude qui entame la crédibilité dudit concours ». D’où, « la justice sera instamment saisie pour des enquêtes plus approfondies ». En effet, le ministère informe les candidats qu’un « concours crédible » sera organisé dans un plus bref délai dont les dates feront l’objet d’un communiqué ultérieur. Cela, notamment avec les mêmes listes de candidatures dans les centres de Bamako et les six régions de l’intérieur.

Des cadres du département aux arrêts

De ce fait, selon les informations après le démantèlement de ce réseau frauduleux, le ministre a saisi la justice afin de mettre la lumière sur cette affaire dont les responsables doivent être sévèrement punis pour qu’ils puissent servir de  leçons aux autres qui se livrent à la corruption et à la fraude. En effet, suite à la découverte de ce réseau, plusieurs cadres du cabinet du ministre ont été mis aux arrêts. Certaines informations nous parlent de l’arrestation du chef de cabinet et de plusieurs chargés de missions. Ces derniers ont été épaulés par d’autres personnes hors du ministère. Aussi, toujours selon les informations, les responsables de ce réseau mafieux ont pris de l’argent aux candidats à coût de millions de franc CFA. Une fois l’argent reçu, ils promettent à ces candidats d’inscrire leurs noms sur la liste définitifs des résultats du concours. Malheureusement pour eux, leur réseau a été démantelé lorsque les enquêteurs ont découvert les noms de personnes admises qui n’avaient pas eu de moyennes sur leurs copies. Retenons que la correction des copies avait pris fin depuis plus d’une semaine avant la découverte de ce réseau. Néanmoins, on peut dire que le ministre devait anticiper tous cas de fraudes au lieu d’annuler le concours. Car, gouverner c’est prévoir. On se rappelle que l’année dernière, ce même concours d’entrée à la fonction a été organisée et fut un grand succès pour le ministre Awa Diallo et son équipe en termes de transparence et de crédibilité.

Les réactions de certains candidats

Mariam Coulibaly candidate de ce concours nous témoigne qu’elle a constaté le désordre dans ce concours depuis l’affichage des listes. « J’avais postulé pour la finance mais j’ai trouvé mon nom sur la liste du trésor. Du fait qu’il n’y avait pas de moyen pour corriger cette erreur, j’ai dû faire le concours au trésor. Vraiment le Mali a du chemin à faire. Je suis très déçue pour mon pays. L’année dernière j’ai fait le concours de la police là-bas c’est pire. Ceux qui ont des relations fortes sont souvent admis sans même faire la formation », explique-t-elle. Pour Aly Traoré ces fraudeurs nous ont causé du tort si cela est avéré. « Nous avons passé des nuits blanches pour préparer le concours et on va le reprendre pour zéro. En tout cas, les autorités doivent faire tout pour que ces auteurs soient punis sévèrement. De plus, des mesures correctives doivent se mettre en place pour renforcer la transparence et l’intégrité des futurs processus de recrutement », ajoute-t-il. Quant à Mlle Aminata Dramé, elle exprime son regret face à cette annulation vu les efforts fournis.

Par ailleurs, soulignons que le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social a proposé au Conseil des Ministres l’abrogation de certains décrets portant nomination au Ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social. « La découverte d’un vaste réseau de fraudes ayant entaché la crédibilité du concours de recrutement dans la Fonction publique de l’État, exercice budgétaire 2023, le Conseil des Ministres a procédé à l’abrogation des décrets de nomination de certains agents du Ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social », précise le communiqué du conseil des ministres du mercredi 14 février 2024.

Les conséquences

Tout d’abord, cette fraude porte un coup sévère à la confiance du public dans le système de recrutement de la fonction publique notamment sous cette transition. Les citoyens ont le droit de s’attendre à ce que les processus de sélection soient équitables et basés sur le mérite. La découverte de fraudes remet en question l’intégrité de l’ensemble du système et alimente la méfiance à l’égard des institutions gouvernementales et des autorités de la transition. En outre, la fraude au concours de recrutement prive des candidats méritants de l’opportunité d’accéder à des emplois dans la fonction publique. Des individus qualifiés et compétents peuvent être injustement évincés au profit de candidats moins méritants mais mieux connectés. Cela nuit non seulement aux aspirations individuelles des candidats honnêtes, mais aussi à l’efficacité et à la qualité des services publics.

Par ailleurs, le mal est déjà fait, alors il appartient au ministre Fassoun Coulibaly de monter au créneau pour organiser dans un bref délai ledit concours en évitant d’éventuelles fraudes.

S.B. TRAORE

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