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Justice et réconciliation : quand les habitants du cercle de Koro se retrouvent

Justice et réconciliation : quand les habitants du cercle de Koro se retrouvent

Les 4, 5 et 6 février derniers, des rencontres historiques ont eu lieu dans les villages dogons de Am et de Dangaténé, dans la région de Mopti (cercle de Koro) : leurs frères, ressortissants du village peuhl de Yorou, sont venus parler de paix. Grâce au projet pilote “Justice et réconciliation” de la MINUSMA, ces deux communautés sœurs ont ainsi mis fin à deux années de conflits. Voici une action de médiation du bureau régional de la MINUSMA à Mopti, qui permet aujourd’hui d’envisager un retour durable du “vivre ensemble”, caractéristique de cette région depuis des siècles.

Sous escorte de la MINUSMA, une importante délégation d’autorités et de notables du village peuhl de Yorou foule, pour la première fois depuis bientôt deux ans, le sol de Am, village dogon de la Commune de Bondo. Retrouvailles et salutations chaleureuses pour ces communautés du Cercle de Koro qui, la veille encore, n’étaient pas sûres d’oser LA réconciliation. C’est pourtant chose faite, grâce aux efforts de la MINUSMA et de son bureau régional à Mopti. Le projet pilote “Justice et réconciliation”, initié par la Mission onusienne, en a été l’outil. Pour la Cheffe du bureau régional de la MINUSMA à Mopti, Fatou Dieng Thiam, son objectif est on ne peut plus clair : « Ramener les communautés dans le “vivre ensemble” », a déclaré Fatou Dieng Thiam, avant de poursuivre : « La mission est parvenue à ramener la confiance entre les communautés peuhl et dogon (…) Tout le monde est conscient que la paix doit désormais être activée et que les hostilités ne servent plus à rien et qu’il faut aller vers la paix et le développement », a conclu la Cheffe du bureau de la MINUSMA à Mopti ».

Selon certains observateurs, jusqu’à ce jour historique, la paix semblait tout simplement impossible. « J’avais perdu tout espoir. Politiquement je ne voyais pas d’issue ; administrativement, je ne voyais pas d’issue… Que la MINUSMA puisse organiser une rencontre comme celle-là, même si ça se limitait là, honnêtement, c’est un espoir. J’ai perdu beaucoup de parents et beaucoup de biens mais je suis fier de retrouver ces gens aujourd’hui. Je suis très content et très fier et je remercie infiniment la MINUSMA », s’est réjoui Harouna Dounion, un habitant du village de Dangaténé.

« Pardonnons-nous et donnons-nous la main. La paix, c’est le médicament ». Cette déclaration de Pierre Dounion, un autre habitant de Dangaténé, témoigne de la volonté des populations à en finir avec ce conflit. Une volonté qui aura été déterminante pour parvenir à la paixLes Chefs des villages de Yorou et Am, eux aussi, ont manifesté leur intérêt pour la paix, se promettant dans la foulée d’aller de l’avant, ensemble. « Ils sont venus à Am et ensuite nous les avons raccompagnés à Yorou, on est très heureux de cela. Maintenant, il faut que l’on aille de l’avant », s’est ainsi exprimé le Chef du village de Am, Amadou Aniou. Même son de cloche chez son homologue de Yorou, Mahmoud Alpha Barry : « On remercie Dieu et qu’Il nous assiste. La MINUSMA est venue dans l’objectif de nous réconcilier et c’est chose faite. Dorénavant, la communauté et la MINUSMA seront informées de tout ce qui se passe ici ».

 

Une paix durable…

Si les émissaires du village de Yorou ont été triomphalement accueillis en frère à Am et Dangaténé, c’est pour “signer” une paix durable. Outre les repas partagés lors des retrouvailles, un certain nombre de résolutions visant à clore définitivement le douloureux chapitre du conflit ont été prises par les anciens belligérants. Il a ainsi été décidé : de la cessation de toutes les formes d’hostilités et d’attaques entre les populations des villages en question ; de la libre circulation entre les deux communautés, ce qui ne se faisait plus depuis environ deux ans ; du pardon pour les actes commis de part et d’autre ; de la restitution systématique aux propriétaires, du bétail égaré de rendre compte des avancés de ce processus et d’en expliquer les résolutions, chacun a sa communauté.

Par ailleurs, et pour garantir l’application de ces résolutions, les deux comités se sont engagés à faire un plaidoyer auprès des éléments radicaux de chaque camp, afin d’éviter d’éventuels affrontements.

L’aboutissement d’un processus local

Le projet pilote “Justice et réconciliation” n’a pas débuté le 4 février dernier. Il a été initié par le bureau régional de la MINUSMA à Mopti il y a près de huit mois. Dès les premières semaines de sa mise en œuvre, la Mission onusienne sur place avait pu obtenir un cessez-le-feu de la part des parties au conflit. Un cycle infernal d’attaques et de représailles qui avait fait plus de 200 morts et 1 500 déplacés. En décembre dernier, Fatou Dieng Thiam, la Cheffe du bureau régional de la MINUSMA à Mopti, expliquait l’objectif du projet “Justice et réconciliation”, qui est « de ramener une certaine cohésion sociale dans les villages d’Am, Yourou et Dangaténé, qui viennent d’être touchés par une vague de violence intercommunautaire, et de contribuer à faciliter les rencontres entre communautés afin de permettre aux gens de se parler ».

À travers ce projet pilote, les efforts entrepris par la MINUSMA pour rétablir le dialogue ont permis aux mécanismes traditionnels d’opérer. Grâce à la médiation des griots et des forgerons des villages de Yorou, Am et Dangaténé, les communautés ont pu aller plus loin que la cessation totale des hostilités : elles sont parvenues à la paix. (Source Minusma)

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