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L’ancien PM Moussa Mara sur la formation du gouvernement de transition: « Nous souhaitons que de personnalités civils non politiques compétents soient retenus pour former le gouvernement »

L’ancien PM Moussa Mara sur la formation du gouvernement de transition: « Nous souhaitons que de personnalités civils non politiques compétents soient retenus pour former le gouvernement »

L’ex premier ministre Moussa Mara, était l’invité sur le plateau de TV5 Monde. Au cours de cet entretien, le président du parti Yélèma s’est exprimé sur la nomination du nouveau PM, la composition de son équipe gouvernementale mais aussi son point de vue sur les prochaines échéances électorales. Lisez plutôt….

Bonjour monsieur Mara vous avez été à la tête du gouvernement en  Avril 2014 à Janvier 2015 sous Ibrahim Boubacar Keita, on a donc le trio gagnant à la tête de cette transition avec l’ex colonel Bâ N’Daw, président, Assimi Goita vice-président. Et Moctar Ouane, premier ministre, est-il l’homme de la situation ?

Moussa Mara : Vous savez dans le contexte actuel de notre pays, il est quasiment impossible de faire l’unanimité quelque soit le profit choisi, il y aura forcément des mécontents tandis-que les ententes sont importantes. Je le connais, je n’ai pas eu l’occasion de travailler avec lui parce que il a été ministre avant que je ne devienne moi même premier ministre après il est allé à l’UEMOA. Mais je connais sa réputation de diplomate expérimenté aussi bien en tant que représentant du Mali aux Nations unies, à l’UEMOA et dernièrement délégué en charge des questions de sécurité et de paix. C’est aussi quelqu’un qui a bonne connaissance des hommes qui sait trouvé les mots les plus justes pour apaiser les cœurs. Il a le sens de l’écoute.

Ce gouvernement sera formé par des civils et pas des hommes politiques forcément ?

Moi personnellement nous souhaitons une transition neutre. Quand on dit une transition neutre, c’est d’être débarrasser des ambitions politiciennes de volonté de favoriser tel parti, tel candidat par rapport à tel autre. Donc nous souhaitons que de personnalités civils non politiques compétents soient retenus pour former le gouvernement. Le PM Moctar Ouane correspond à cela puisqu’il n’a pas d’appartenance politique affiché, il n’est pas un militant d’un parti en tant que tel. Par définition je vais dire que les militaires sont aussi neutres. La communauté internationale aurait souhaité que nous ayons une transition civile. Il y a un bon compromis qui est là, le président de la transition est un civil ancien militaire, le vice-président est un militaire d’actif et le premier ministre est un civil ayant un profit de diplomate.

Pour le moment aucun poste pour le  M5, mouvement de contestation qui a participé à la chute du président IBK, ce sont les grands perdants de cette transition finalement ?

Pour l’instant il reste le gouvernement et ensuite le conseil national de transition qui est l’organe législative de la transition. J’espère que le M5 qui est un acteur majeur des changements récents sera représenté. Il est indispensable aujourd’hui que les maliens se retrouvent autour de cette transition. Je dis que le casting ne peut pas être parfait, faisons avec ce qui est disponible et essayons d’accompagner du mieux que nous pourrons pour que la transition arrive à attendre ses résultats.

La CEDEAO qui veut abroger la version de la charte qui dit que le vice-président pourra remplacer le président de la transition en cas d’empêchement ?

Je pense que la position de la CEDEAO est logique, la mention est que le vice-président remplace le président en cas d’indisponibilité temporaire généralement acceptable, mais en cas de vacance définitive, que le vice-président ne puisse pas remplacer le président. Il faut que le nouveau président soit choisi  conformément au mode de choix de président. Que nous n’ayons pas au bout de quelques mois, le vice-président devient le président pendant toute la durée de cette transition. Je pense que c’est une précaution qui n’est pas inutile. Il faut que nous acceptions de corriger la charte de transition pour que le vice-président soit cantonné à un rôle de vice-président. D’abord en charge uniquement de la défense et de la sécurité, et ensuite assister et accompagner le président de la transition dans sa charge…..

Une transition qui doit durer 18 mois, les futures élections présidentielles vous serez candidat. ?

Je fais parti de la classe politique et je suis un acteur politique, nous nous préparons comme d’autres et nous allons travailler pour que la transition se passe le mieux possible et que ces élections soient les plus ouvertes, les plus transparentes et crédibles afin que le choix de nos compatriotes ne puisse  pas être contrarié par quelque difficulté que ce soit. Nous allons nous organiser, nous allons nous battre et le moment opportun je pense que nous allons annoncer cela.

On a fêté mardi les soixante ans de l’indépendance du Mali, en soixante ans le Mali a connu quatre coup d’état, trois guerres, quel sont les leçons du passé à ne pas réitérer aujourd’hui ?

Je pense que fondamentalement, c’est la gouvernance dans l’intérêt de certains contre le plus grand nombre. C’est ce qu’on appelle la gouvernance au profil des gouvernants. Et la gouvernance qui soit totalement fermée aux intérêts du plus grand nombre. Nous devons définitivement tourner le dos à cela. La population est impatiente, elle est jeune, elle est connectée et informée. Elle ne se laissera plus faire, il faut que les gouvernants comprennent que la charge de la responsabilité est de servir les populations et peut être c’est ce qui nous a manqué ces 60 dernières années. Il faut que nous en tenions compte, il faut qu’on tire des leçons.

Moussa Traoré ancien président au pouvoir de 68 à 91, est mort il y’a dix jours, votre père Joseph Mara l’a connu, il l’a suivi, alors un mot sur Moussa Traoré.

Moussa Traoré est une figure majeure de notre vie publique puisqu’il a dirigé le Mali pendant 23 ans. Les maliens ont le souvenir de quelqu’un qui a défendu du pieux qu’il peut. Pendant son règne l’autorité était, l’intégrité était assurée, l’armée était forte. Je pense qu’aujourd’hui ce sont ces souvenirs qui restent et qui font que son décès a été perçu comme une perte pour notre pays et les maliens l’ont pleuré. Maintenant je pense que nous devons tirer les leçons de cette période et redonner à nos forces de défense et sécurité l’énergie et la vigueur dont elles manquent pour qu’ils puissent assurer efficacement la défense de l’intégrité de notre territoire.

Merci Moussa Mara, Ancien premier ministre malien

Transcrit par Ben chérif 

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