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Le Mali a besoin de se confesser pour pouvoir repartir : La période des régimes autocratiques

Le Mali a besoin de se confesser pour pouvoir repartir : La période des régimes autocratiques

Le président Modibo Keïta a déclaré l’indépendance du Mali et a choisi l’option socialiste pour le Mali, mais un socialisme africain. Le problème premier était là, l’option, ce socialisme. La notion n’était pas maîtrisée par beaucoup de cadres même du parti. Et puis c’était quoi le socialisme africain ? Le socialisme qui respectait les réalités africaines ? Mais les réalités africaines n’étaient-elles pas à la base le collectivisme que le socialisme prônait ?

A l’instar de beaucoup de pays nouvellement indépendants, les nouveaux dirigeants maliens avaient choisi en réalité ce socialisme plus pour s’affirmer, et prouver qu’ils pouvaient s’affranchir de la tutelle de la France. L’option n’était pas viable au Mali. Ce pays est une nation de commerçants, Dioulas, donc impactés par les initiatives privées. Aussi, c’est un pays avec un type de classification sociale qui ne pouvait qu’être un frein pour ce projet à l’époque.

Par ailleurs Bintou Sanankoua soutient dans son livre « La chute de Modibo Keïta » que le régime de Modibo Keita que les militaires renversent en ce mois de novembre de l’an 1968 est bien discrédité. Son parti, l’Union Soudanaise-RDA, qui embrigade le peuple malien, est bien affaibli. Le pays sur lequel il règne sans partage, depuis 1960, la République du Mali, est bien malade. Malade d’une crise économique et financière implacable. Malade de la faillite des Sociétés et Entreprises d’Etat conçues pour financer une politique économique indépendante. Malade enfin de l’absence des libertés démocratiques. C’est pourquoi ces jeunes officiers subalternes inconnus arrivent à bout du régime sans aucune résistance et se font même applaudir par les populations.

Le 19 Novembre 1968 ce groupe qui change la destinée du Mali, a une composition qui ne peut tenir facilement. En effet en son sein les lieutenants coiffaient les capitaines. Cette configuration ne peut tenir, pas plus que la nouvelle situation instaurée par le putsch dans toute l’armée. Bien que les officiers supérieurs n’aient pas condamné l’acte, leur orgueil en a pris beaucoup. Les nouveaux dirigeants le savent, c’est pourquoi ils vont tous prendre du galon et, ils décideront de mettre les anciens à la retraite forcée, premiers mécontents. Aussi, après avoir parfaitement réussi leur coup, ils ne savaient pas comment entrer en matière. La preuve, c’est trois jours après avoir pris le pouvoir, qu’ils décidèrent de parler aux maliens. Ils avaient prévu de faire un changement de régime parce que la situation était devenue intenable, mais ils n’avaient pas de solutions à proposer, pas quand même dans l’immédiat. Ensuite suivront dix ans de tergiversation ou il y’avait trop de chefs, des chefs qui ne s’écoutaient plus et qui avaient formé des petits clans. Ce qui a fini par des trahisons, des emprisonnements et des assassinats sous tortures. Enfin le parti Etat a installé une République autocratique, qui a tenu une décennie le Mali dans une grande confusion. Certains diront que les maliens étaient plus ou moins libres. Si la liberté est le fait que le pouvoir gère comme il veut, et que le peuple se débrouille comme il peut, il est préférable d’avoir une dictature éclairée qui va diminuer les libertés, mais apporter du progrès qui profitera au pays plus tard. Ces deux régimes ont existé à des périodes cruciales dans la naissance de l’Etat du Mali, pourtant ces régimes ne s’étaient pas préparés à diriger une nation jeune qui avait besoin de beaucoup d’orientations et de mieux se connaitre. Peut-être n’ont-ils pas eu le temps.

Le premier régime à créer un Etat en étant très isolé et dans la précipitation, nous dirons avec le gros cœur. Il ne s’est pas donné le temps de bien étudier son peuple, de regarder ses populations, pour ensuite trouver des solutions qui seraient une véritable base. Par fierté ils ont pris la décision d’exister rapidement après la fédération du Mali, par arrogance ils ont choisi une option contre l’ancien colon et par orgueil ils ont voulu tout faire immédiatement avec un peuple qui n’était pas outillé. C’était trop.
Le deuxième régime a pris le pouvoir pour que le pays respire. Ces auteurs voulaient libérer le peuple et retrouver une dignité. Le peuple était confiné, les militaires ne bénéficiaient pas d’une grande considération. Après ils ont été confrontés à la grande réalité du jeu du pouvoir. C’était difficile de tenir avec les ennemis qui venaient du camp de Modibo Keïta et ceux qui se trouvaient en leur sein. Enfin ils n’ont jamais cherché à connaitre les vraies raisons de la chute de leur prédécesseur pour pouvoir corriger le tir et pour eux et pour les maliens. Le régime UDPM est tombé par suffisance.

Macké Diallo (2e Partie)

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